Edito1

, par Bernard

Éditorial

Ils ont signé… et puis après ?*

Dans la foulée des annonces du Président de la République, les « Psychopactes » MEDEF et CFDT ont signé le « Pacte de Responsabilité »… Ils se sont retrouvés d’accord pour participer à la réduction des dépenses publiques (plus de 50 milliards d’Euros de coupes budgétaires),c’est-à-dire à la poursuite de la destruction du service public républicain, et pour organiser une attaque sans précédent contre la protection sociale…

Le « Pacte de Responsabilité », c’est en réalité le « Pacte d’Austérité »… ! Mais le Pacte était à peine signé que la Commission Européenne exigeait davantage d’efforts de la part du gouvernement français… Davantage d’efforts cela signifie toujours plus d’austérité… On ne s’étonnera pas dans ces conditions de la réaction des électeurs lors des dernières élections municipales : à peine un électeur sur deux s’est déplacé pour voter…L’abstention massive (40 % auxquels il faut ajouter les 10% de non inscrits du corps électoral) ne peut pas être interprétée autrement que comme le rejet de cette politique d’austérité...

Loin de répondre aux revendications exprimées en particulier lors de la grève du 18 mars, dernier à l’initiative de FORCE OUVRIERE, le nouveau gouvernement VALLS assume complètement le dispositif du Pacte de Responsabilité : « Nous tiendrons tous nos engagements » martèle en permanence VALLS en direction des responsables européens. Le président de la République présente lui-même son nouveau gouvernement comme un « gouvernement de combat »… On ne peut être plus clair : gouvernement de combat contre les travailleurs… gouvernement de combat soumis aux diktats de Bruxelles…

Mais en même temps ; grande est l’inquiétude des dirigeants de ce pays face à la réaction des salariés… Voilà pourquoi gouvernement et MEDEF en appellent aux « partenaires sociaux » autrement dit aux syndicats : c’est bien le sens du mot « pacte » ! Pour faire accepter l’austérité aux travailleurs, les syndicats doivent être les supplétifs du gouvernement et du patronat. HOLLANDE l’a affirmé : « si le gouvernement est seul, cela ne marche pas. Cela ne peut marcher que si le patronat s’engage et si les syndicats accompagne le processus ». Dans ce scénario, la CFDT (et l’UNSA) joue pleinement son rôle… Pourtant, pour les observateurs aguerris, cela n’est pas suffisant…

L’éditorialiste de « Liaisons sociales » le constate : il déplore que « l’unité syndicale » entre la CGT et la CFDT ait volé en éclats à l’occasion de la journée du 18 mars et affirme : « quant à la CFDT, elle ne peut pas porter à elle toute seule la voix de la réforme sociale »…

Ils ont signé… et puis après… ??? La grève du 18 mars à l’initiative de FO rejoint par la CGT, Solidaires et la FSU est une première réponse dans la constitution du front de résistance qui s’organise… Toutes les initiatives allant dans le même sens, dans le cadre d’une unité d’action sans compromission se positionnant clairement contre l’austérité et contre le Pacte de responsabilité, renforceront ce mouvement qui nécessairement, tôt ou tard, débouchera sur la grève générale : c’est ce que nous devons préparer.

Frédéric BOCHARD Secrétaire Général UD FO Puy de Dôme

*Titre librement inspiré par la chanson de Léo FERRE « ils ont voté »