Edito 5 Pour bloquer l’austérité, il faut bloquer le pays !

, par Bernard

Face à la succession des mesures antisociales prises par le gouvernement de Manuel VALLS, on peut légitimement se poser la question de savoir jusqu’où ira cette politique de destruction sociale…

La remise en cause du repos dominical au-travers des dispositions votées dans le cadre de la loi intitulée « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » (loi MACRON) montre les objectifs de ce gouvernement soumis aux diktats de Bruxelles et aux exigences du MEDEF… En modifiant les règles concernant le travail du dimanche, le gouvernement s’attaque à un des plus anciens acquis des salariés et indique que son objectif est revenir sur plus d’un siècle de conquêtes sociales et de renvoyer les travailleurs aux conditions d’exploitation du 19ème siècle…

Que l’on ne nous accuse pas d’exagérations… Il suffit de rappeler l’histoire !

Le repos dominical a été obtenu en 1906 à la suite de la catastrophe de Courrières (qui fit plus de 1000 victimes parmi les mineurs le 10 mars 1906 ) et de la grève générale qui embrasa tout le bassin minier du Nord-Pas de Calais… Le gouvernement de l’époque avec son ministre de l’intérieur, CLEMENCEAU, qui envoie plus de 20 000 soldats, pour réprimer les grévistes, est obligé de concéder plusieurs revendications en particulier l’instauration du repos dominical. L’histoire retiendra que, 109 plus tard, un gouvernement et une majorité parlementaire qui prétend s’inscrire dans la tradition socialiste, se sont attaqués à une des plus anciennes conquêtes ouvrières… Honte à eux ! Et pour le MEDEF, qui ne cache pas son soutien à la politique du gouvernement, ça ne suffit pas ! Ainsi le PDG de la FNAC vient d’affirmer qu’il faudrait supprimer totalement le repos dominical et permettre l’ouverture des commerces tous les dimanches… ! Dans la foulée, GATTAZ considère qu’il faut revenir sur la durée légale du temps de travail et sur le SMIC… Et gouvernement et MEDEF veulent s’accorder pour remettre en cause les institutions représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT…)…

De son côté, l’Union Européenne n’est pas en reste… Tout en considérant que les mesures prises par le gouvernement VALLS correspondent à ses exigences, la Commission Européenne exige du gouvernement qu’il aille encore plus loin… Ainsi, le « socialiste » commissaire européen chargé de l’économie, Pierre MOSCOVICI, demande au gouvernement français de présenter pour avril 2015 un programme de réformes pour moderniser le marché du travail, c’est-à-dire pour démanteler encore plus le Code du Travail dans le privé et les statuts dans le public… Dans le même temps, il exige de ses ex-collègues du gouvernement qu’ils imposent 3 à 4 milliards d’économies supplémentaires, et donc d’aggraver encore davantage l’austérité ! Cette politique est totalement insupportable pour les travailleurs… Elle conduit à toujours plus de précarité et de pauvreté et elle aggrave le chômage… Nous le constatons : l’austérité imposée par la Troïka, les réformes dites structurelles recommandées par l’Union européenne, les privatisations de services publics ont ruiné les peuples grecs, portugais et espagnols...

Dans cette situation, notre Confédération a absolument raison de prendre l’initiative et d’appeler à la grève nationale interprofessionnelle le jeudi 9 avril… Cette initiative a été rejointe par la CGT, Solidaires et la FSU. FO organise le front de la résistance . Notons que les syndicats qui soutiennent le gouvernement et qui s’acoquinent avec le MEDEF ne s’inscrivent pas dans cet appel ! Pour bloquer l’austérité, pour bloquer toutes les contre réformes, il n’y a pas le choix : il faut bloquer le pays… c’est-à-dire organiser la grève nationale interprofessionnelle…

L’Union Départementale FO du Puy de Dôme va s’employer à en faire une réussite… Tous en grève le 9 avril !

Frédéric BOCHARD, Secrétaire Général de l’UD FO du Puy de Dôme